Critique de Scram Kitty and His Buddy on Rails


Je vous présente une seconde critique vidéo. Cette fois-ci nous avons retenu Scram Kitty and His Buddy on Rails de l’éditeur indépendant Dakko Dakko pour le concept innovateur qui soutent son système de jeu. Mais qu’en est-il du résultat final? Sauver des chats de l’espace pour 10,99 $, ça vaut le coût?

Texte de la critique vidéo

De toutes les exclusivités offertes sur la Wii U, aucune ne porte un nom aussi singulier que le titre dont nous nous apprêtons à faire la critique. L’éditeur indépendant gallois Dakko Dakko nous propose depuis mai dernier un jeu de tir incorporant de nombreux éléments du jeu de plate-forme. C’est bizarre, c’est étrange, il n’est pas comme tous les autres… On nous sollicite afin de sauver la race féline, ici posant en victime d’un rapt de grande échelle de la part d’une espèce évoluée de rongeurs. La prémisse rejoint ici celle de Tom & Jerry, Titi & Sylvestre, Bip  Bip & le Coyote au panthéon des animaux ayant renversé l’ordre naturel des choses. Et si vous êtes comme moi et que pour vous, l’idée de sauver des chats vous semble plutôt saugrenue, vous êtes probablement saisis en ce moment par l’idée de passer au prochain numéro, mais vous feriez erreur. C’est que Scram Kitty pourrait finalement vous faire aimer les chats. Juste assez. En tout cas pas trop. Pas comme elle.

L’ironie soulevée par le concept derrière Scram Kitty and his Buddy on Rails c’est que, pour un jeu de tir sur rails, il est le premier à littéralement se jouer sur rails. En effet, les jeux de tirs comme Galaga ou Star Fox demandent invariablement au joueur d’abattre tous les ennemis à sa portée alors que le contrôle du véhicule est sur pilote automatique. Une seule direction possible : vers l’avant. L’innovation apportée par Scram Kitty est de coller le véhicule aux parois des tableaux et d’ainsi laisser au joueur l’entière liberté de ses mouvements. Le rythme du jeu est ainsi ralenti et le joueur peut prendre le temps de découvrir l’environnement dans lequel il progresse. Ajoutez ensuite les éléments de saut et vous obtenez un savant mélange entre le jeu de tir et celui de plate-forme.

Le personnage principal se glisse le long des rails pour se déplacer. Le joueur peut bondir, mais il doit composer avec la gravité (peut-être qu’il vaudrait mieux parler de magnétisme ici puisque les rails ne semblent pas être rivés au sol). Il doit aussi éliminer ses ennemis, mais ceux-ci ne se jetteront jamais en très grand nombre sur lui. Plus vous accumulez des fragments d’énergie, plus votre véhicule pourra sauter haut. Cependant, visez juste puisque si vous ne reprenez pas contact rapidement avec les rails, vous serez tout simplement éjecté de votre véhicule. Il faudra donc en arriver à maîtriser les manœuvres de saut (et de double saut) pour progresser en jeu tout en évitant de se faire démolir par les souris et leur attirail d’armes lourdes. Il s’agit d’ailleurs d’une réalité avec laquelle Scram Kitty arrive à très bien composer : équilibrer le jeu entre les éléments du jeu de tir et celui du jeu de plate-forme.

Le jeu se déploie sur 25 tableaux et vous met au défi de sauver plus de 70 chats vêtus de scaphandre à raison de 4 par tableaux. Le premier chat apparaîtra au sas de la sortie. Le second lorsque vous aurez recueilli les 100 « pac-gommes » éparpillées un peu partout dans le tableau. Le troisième est gardé captif par une super-souris plus résistante, plus grosse et dotée d’armes sérieusement supérieures à ses semblables. Finalement, pour retrouver le quatrième chat, vous devrez le pourchasser à travers les méandres du tableau dans une course à relais minutée.

Graphismes

Les jeux édités par des studios indépendants brillent rarement par leur rendu graphique, par leur direction artistique. Dakko Dakko aurait facilement pu s’en tenir à un arrière-plan terne, fade, monochrome. Au contraire, les arrières-plans réalisés en 3D viennent agréablement complimenter le plan 2D sur lequel le jeu évolue. Les influences fluo-néon années ’80 sont manifestes et même si le jeu ne pêche pas par variété visuelle, la facture artistique est colorée et, plus important encore, cohérente. Je dois aussi souligner la qualité des animations, surtout en ce qui a trait aux tirs d’arme (notamment le lance-flamme et les faisceaux laser). Le jeu n’arrive peut-être pas à offrir un produit aussi attrayant visuellement que le sont Tengami ou encore Chariot, tous deux dotés d’une robuste direction artistique, mais la bande de Gallois chez Dakko Dakko peut se réjouir du résultat final.

Bande sonore

La bande sonore va de pair avec l’esthétisme ‘80s de la direction artistique. Sans jamais adopter le style musical 8-bit chiptune caractéristique de Shovel Knight, par exemple, Scram Kitty arbore une orchestration musicale électronique pertinente. Aucun morceau ne se démarque par une mélodie particulièrement accrocheuse, mais le style est plaisant. Les effets sonores sont, par contre, remarquablement réussis. Des miaulements de chats aux couinements vindicatifs de la souris en chef, des signaux d’alarme aux tintements caractéristiques du minuteur, tout est rapidement assimilé et identifié par le joueur de sorte que la bande sonore complimente efficacement l’action à l’écran.

Conclusion

Scram Kitty est unique en son genre. La facture visuelle du jeu n’est cependant pas la seule à avoir été importée des années 1980. Vous vous souvenez (si vous étiez en vie à cette époque) de la difficulté avec laquelle vous aviez à compléter un tableau À Mega Man ? Rester en vie à Zelda II ? Et bien, le jeu se révèle aussi impitoyable envers le joueur que ces classiques de l’ère NES. Pour progresser, il vous faudra rapidement maîtriser les différentes manœuvres… Le jeu est difficile et ne vous fera aucun cadeau. Vous ferez certainement, comme j’ai dû le faire à quelques reprises, bon usage de Miiverse pour obtenir les conseils d’autres joueurs.

Il faut cependant remarquer que l’utilisation du téléviseur par le jeu est somme toute déficiente. Vous vous surprendrez à n’utiliser que le GamePad puisque l’image sur le téléviseur est constamment encombrée par les interventions pas toujours pertinentes du chat qui se veut votre guide. Remarquez, l’idée de départ est pourtant bonne : utiliser l’écran du téléviseur pour transmettre des messages au joueur. Cependant, je me suis rarement soucié de lever la tête pour y porter attention puisque les contrôles requerraient déjà toute mon attention. Il est possible d’interchanger les deux écrans, mais au final, le problème demeure entier puisque la cadence et les préceptes du jeu ne permettent tout simplement pas de jongler entre deux écrans comme le montre le flux vidéo enregistré pour cette critique.

Au final, Dakko Dakko a visé juste avec Scram Kitty and His Buddy on Rails. Vendu à moins de 11 $, le jeu offre un contenu de longue haleine au joueur qui apprécie relever un défi old-school innovateur aux couleurs des années ‘80. J’attribue donc la note de 8 chatons sur 10 à Scram Kitty and his Buddy on Rails.

Date de sortie : 15 mai 2014
Éditeur : Dakko Dakko
Prix (en dollars canadiens) : 10,99 $

En résumé

Vendu à moins de 11 $, le jeu offre un contenu de longue haleine au joueur qui apprécie relever un défi old-school innovateur aux couleurs des années ‘80.
8.0
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