Critique de Chariot


Il s’agit bel et bien du meilleur jeu qui consiste à charrier un cercueil sur roue sur Wii U. Nintendo était d’ailleurs fière d’annoncer Chariot comme un Nindie (jeu indépendant publié sur console Nintendo) l’automne dernier. Mais comment est-ce que Chariot arrive à renouveler le genre jeu de plates-formes? Visionnez la critique pour le savoir.

Texte de la critique vidéo

Éplorée, la pauvre princesse n’aura pas… le temps pour se recueillir parce que le fantôme de son défunt père lui mande de trouver une sépulture convenant à sa royale personne. C’est ainsi que la princesse et son fiancé devront parcourir les catacombes et amasser des richesses pour obéir aux caprices de la dépouille régal. Mais bon, le cercueil est sur roue, ce qui est assez singulier… mais une très très bonne excuse pour intégrer des éléments de physique au bon vieux jeu de plates-formes qui a fait ses preuves depuis ses débuts dans les années 1980. Est-ce que les artisans des studios Frima ont su se démarquer du lot ? C’est la question à laquelle nous tenterons de répondre avec cette courte vidéo.

D’entrée de jeu, la princesse et son fiancé sont dotés de cordes afin de tirer, pousser, diriger, contrôler, retenir, balancer et faire basculer le cercueil qu’ils doivent mener à l’ultime sépulture jugée convenable pour accueillir le cadavre de Sa Majesté. Et les concepteurs de Chariot ont le souci du détail. Ils ont bien retenu leur cours de mécanique cinétique 101. Par exemple, si vous balancez le cercueil dans le vide, il risque de vous y entraîner à moins d’ancrer votre personnage au sol en appuyant vers le bas. Et bien souvent, la faute échoit à l’un des deux joueurs même si les deux doivent en payer le prix… Il s’agit avant tout d’un jeu d’adresse et de coopération, de logique et d’exploration. Ainsi, afin de recueillir certaines des gemmes les plus précieuses, les joueurs devront échanger sur la meilleure marche à suivre et… s’exécuter… ce qui est souvent plus facile à dire qu’à faire. Si votre partenaire est moins habile que vous, vous devrez apprendre à être patient. À bien y penser, il s’agit d’une bonne activité de couple et certainement une épreuve à passer avant de penser emménager ensemble.

Le jeu est divisé en une vingtaine de tableaux. Si cela vous semble peu, dites-vous qu’un tableau de Chariot prend normalement, à mon expérience, entre une vingtaine et une quarantaine de minutes à compléter, probablement moins si vous jouez seul. Une fois le tableau complété, vous devrez cependant le revisiter puisque de nouvelles sections seront ainsi débloquées. En effet, chaque tableau comprend normalement plusieurs points d’entrées ce qui permet d’accéder à des endroits inaccessibles antérieurement. Sans compter que le jeu vous lance au défi de terminer chaque tableau le plus rapidement possible pour battre les meilleurs temps enregistrés par d’autres joueurs sur le réseau Nintendo Network.

Au fur et à mesure que les joueurs progressent à l’intérieur des catacombes royales, des améliorations apportées au cercueil seront offertes à la boutique des catacombes : un piquet afin d’ancrer le cercueil, un jeu de phares pour s’éclairer dans les endroits plus sombres, etc. Bref, au prix de 15 $, Chariot offre bien des défis à relever et une panoplie de raisons pour y revenir même lorsque le jeu aura été complété une première fois.

Graphismes

Le charme opère très rapidement. Les artistes du studio Frima ont réussi à donner une allure, un style très particulier et franchement très plaisant à Chariot. Les jeux de lumière et l’animation en arrière-plan vous éblouiront. L’expressivité des deux personnages principaux vous fera sourire, surtout lorsque vous découvrirez le bouton qui permet de taper dans la main de son partenaire… ou lorsque votre personnage se démènera pendu dans le vide au bout d’une corde.

Les environnements sont richement décorés, brillants et variés. Certains passages ont d’ailleurs été conçus afin de mettre cet aspect en évidence. Le jeu roule en haute définition 720p et non pas en 1080p. Il faut cependant souligner qu’il aurait été plaisant qu’une fonction permettant de se rapprocher, de zoomer sur les personnages soit incorporée afin de mieux pouvoir admirer leurs traits. Pourquoi ? Avec les efforts investis à les rendre si attachants, une telle fonction aurait permis de partager des images plus vivantes, moins répétitives sur Miiverse.

Bande sonore

Peu d’éditeurs indépendants s’offrent le luxe de commercialiser la bande sonore de leur jeu. C’est pourtant le cas de Chariot dont l’entière trame musicale est en vente sur iTunes au coût de 10 $. Malgré les mélodies accrocheuses et l’instrumentation musicale élaborée, la plupart du temps, aucune musique ne joue pendant que le joueur déambule à travers les catacombes royales. La musique s’insère à certains moments pour quelques minutes puis elle cesse, vous laissant seul avec les hissements, les grognements et les soupirs des personnages principaux. Certains ont remarqué cette absence de constance musicale et s’en sont plaints. Pourquoi ne pas avoir mis les mélodies un peu plus de l’avant ? Le jeu a un rythme plutôt lent sauf lorsqu’il s’agit de combattre les quelques ennemis qui tentent de piller le cercueil du roi. Les longs silences contribuent donc à ne pas assaillir les sens des joueurs alors qu’ils doivent communiquer entre eux pour mieux progresser.

Le morceau le plus mémorable est sans doute Dancing Shadows utilisé par Frima dans la bande-annonce du jeu et ici, dans cette vidéo, en guise d’introduction. En fin de compte, j’ai pris pleine connaissance de la bande sonore de ce jeu en achetant l’album sur iTunes un peu plus tôt en journée et il s’agit d’un œuvre remarquable même si elle est timidement utilisée par les concepteurs du jeu.

Conclusion

L’édition de Chariot sur la Nintendo eShop le 8 janvier dernier permet d’amorcer l’année 2015 de façon très optimiste. Ce jeu peut très bien être apprécié seul, dans le confort de son salon. En effet, la mécanique physique est très robuste et les concepteurs mettent à votre disposition des outils pour suppléer à l’absence d’un second joueur. Mais, pour tout dire, l’expérience n’était jamais aussi satisfaisante que lorsque j’ai pu coopérer, argumenter, m’obstiner et rire avec un ami en chemin. D’autant plus que certains défis ne pourront être complétés sans la participation d’un second joueur.

Il faut aussi souligner la qualité du jeu des acteurs qui ont doublé les personnages de Chariot. Guy Nadon, brille ici dans la peau du roi tatillon, exigeant et obnubilé par la magnificence de sa personne. Frima n’aurait pu trouver meilleur acteur pour incarner ce personnage. S’il faut formuler une critique, le GamePad aurait pu être utilisé pour montrer la carte du tableau au lieu de devoir mettre le jeu sur pause.

Au final, Chariot se démarque des autres jeux indépendants offerts sur la eShop justement parce que ses concepteurs ont pris le temps, investis l’argent et ont le talent nécessaires pour engendrer un produit novateur et de qualité. La bande-annonce m’avait séduit l’an dernier par ses graphismes colorés, sa direction artistique pittoresque, par sa trame sonore joyeuse et par la promesse d’un renouvellement du genre jeu de plates-formes. Après plusieurs heures passées à traîner un cadavre, je peux affirmer que Chariot tient promesse et j’espère vous avoir convaincu de la nécessité de vous procurer ce jeu élaboré et réalisé au Québec. J’attribue donc une note de 9 cercueils roulants sur 10 à Chariot.

Date de sortie : 8 janvier 2015
Éditeur : Frima Originals
Prix (en dollars canadiens) : 14,99 $

En résumé

Après plusieurs heures passées à traîner un cadavre, je peux affirmer que Chariot tient promesse [...]
9.0
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