Critique de Animal Crossing: Happy Home Designer


Animal Crossing: Happy Home Designer Critique 3DS

Enjoliver et personnaliser sa demeure a toujours été un aspect fondamental de l’expérience proposée par la série Animal Crossing. Le dernier en titre, Animal Crossing: New Leaf (Nintendo 3DS), avait d’ailleurs innové en permettant au joueur d’émailler, non pas seulement son simple logis, mais aussi le village au sein duquel il s’établissait. Les fondements de la décoration intérieure n’avaient cependant pas été améliorés depuis le premier titre de la série, paru sur GameCube il y a une douzaine d’années.

Au mois de mai, donc quelques semaines avant le dernier salon de l’industrie des jeux vidéo, le E3 tenu annuellement à Los Angeles, Bill Trinen, responsable marketing chez Nintendo of America, divulguait l’existence d’un jeu de décoration dérivé de la série Animal Crossing, Animal Crossing: Happy Home Designer. Du même coup, l’on annonçait la mise en marché d’une gamme de cartes Animal Crossing qui feraient partie de la très populaire collection de jouets amiibo. La réaction des amateurs de la série fut, au mieux hésitante, sinon carrément acrimonieuse. Et pour cause, après l’itération 3DS, les détenteurs de Wii U étaient prêts à renouveler le bail pour leur console de salon. En revanche, personne ne s’attendait à ce que Katsuya Egushi et son équipe proposent plutôt un jeu entièrement axé sur la décoration intérieure.

cartes amiibo Animal Crossing
La prémisse est simple et n’a pas besoin d’explications. Le joueur vient tout juste de décrocher un emploi dans une firme de décorateurs dont le propriétaire est Tom Nook. Lou est le nouveau personnage imaginé pour l’occasion. Elle accompagnera le joueur durant les premières journées où le fonctionnement du jeu et les différentes options qui lui sont offertes sont lentement introduits un à un. Les animaux liés à cette franchise (il y en a plus de 400) se présenteront régulièrement en dehors des locaux de l’agence pour proposer au joueur de décorer leur demeure avec une thématique plus ou moins précise. Le joueur devra ainsi choisir un endroit où construire la demeure avant de passer à la décoration de l’immeuble lui-même. Chaque nouveau personnage meublé débloquera quelques articles additionnels et, après quelque temps, il sera aussi possible d’ornementer le terrain autour du domicile de ces personnages. Marie, la secrétaire du maire de la ville, viendra en outre demander au joueur de meubler et superviser la remise à neufs de bâtiments communaux (café, hôpital, école).

Une fois la mission remplie, le joueur pourra visiter ses créations et entrer en contact avec l’occupant. Il pourra aussi balayer ses cartes amiibo pour inviter d’autres animaux à la partie (ceux illustrés sur lesdites cartes). D’ailleurs, Nintendo n’a pas toujours su comment adapter ses ludiciels pour tirer parti des figurines de la gamme amiibo lancée il y a moins d’un an. À commencer par Super Smash Bros. for 3DS/Wii U et Mario Kart 8 où lesdites figurines se révèlent d’une utilité discutable. En revanche, l’usage des cartes amiibo est franchement judicieuse dans Animal Crossing: Happy Home Designer. À la recherche de nouveaux projets de décoration, le joueur peut ainsi contacter directement les personnages dont il aura collectionné la carte au lieu d’attendre qu’il ne se manifeste par lui-même. « Brillant » concept comme dirait Jean-Philippe Wauthier. D’autant plus que les cartes ainsi que les figurines amiibo pourront être réutilisées ultérieurement avec Animal Crossing: amiibo Festival.

Graphismes

Animal Crossing: Happy Home Designer reprend le même contenu modélisé en 3D pour les fins du titre précédent sur Nintendo 3DS. À ce catalogue étoffé de meubles et de personnages, Nintendo a tout simplement décidé d’y annexé de nouveaux articles. Il est difficile de Le jeu ne brille pas d’une direction artistique audacieuse et n’épate pas la galerie avec des prouesses techniques. En effet, autant la facture conçue pour la série éditée pour la première fois il y a maintenant 12 ans peut être charmante, autant elle pèche par manque d’innovation, par simplisme, par manque d’envergure. Il est par contre difficile de bien cerner la cause de ce manque d’ambition visuelle : les ressources limitées de l’équipe en charge du développement de Happy Home Designer ou encore les capacités restreintes d’une console qui est offerte sur le marché depuis presque 5 ans. Cela dit, ce constat est volontairement sévère puisque l’univers Animal Crossing est tout à fait indiqué pour habiller un jeu de décoration. Et le charme opère, il n’y a pas à douter.

Bande sonore

L’indicatif musical composé pour Animal Crossing: Happy Home Designer est accrocheur. Du même ton que les précédents, il se fond très bien à la sonorité distincte, joviale, voire carnavalesque de la bande sonore confectionnée pour la série depuis ses débuts. Cependant, certaines pièces musicales peuvent être franchement redondantes lorsqu’il s’agit de passer de nombreuses minutes à élaborer la décoration d’un nouvel appartement. Je me suis souvent retrouvé contraint à baisser voire couper le volume de l’appareil pour éviter d’être irrité. Les concepteurs auraient eu avantage à moins appuyer sur l’ambiance musicale une fois le processus de création enclenché.

Il faut cependant saluer l’inclusion d’effets sonores que le joueur peut débloquer pour personnaliser l’atmosphère des pièces qu’il habillera. Par exemple, la demande de Civet est assez précise : il veut que sa maison ressemble à un paradis tropical. J’ai donc conçu une île baignée par le soleil et, à l’intérieur, j’ai pu utiliser une ambiance sonore marquée par le souffle du vent et le fracas des vagues sur la plage.

Conclusion

Il n’y a pas de doute, ce jeu cible plus particulièrement deux clientèles : les amateurs inconditionnels de la série et les férus de la décoration intérieure.

Tout bien considéré, je ne peux que citer Bill Trinen (encore lui) qui a résumé ainsi l’essence même de Happy Home Designer aux journalistes d’IGN : « [c’est] la parfaite maison de poupée virtuelle ». Bien que certains aient déploré le caractère limité de l’expérience offerte par ce dérivé (comparativement à la série dont il est issu), il s’agit certainement d’une rare occasion où l’on peut affirmer que les deux sont objectivement complémentaires. Surtout lorsque certains s’amusent depuis 2013 à tenir un journal public (comme sur Tumblr, notamment) de leur village New Leaf. Animal Crossing: Happy Home Designer permet en effet d’assister à des saynètes où le joueur s’imaginera (et photographiera) des rencontres en divers lieux jamais représentés dans les titres de la série d’origine. Il s’agit aussi pour Nintendo d’initier un nouveau public, probablement plus féminin, à l’une de ses meilleures franchises. Il ne faut pas se surprendre si 70 % des exemplaires vendus au Japon l’ont été par des femmes alors que la série originale rassemble une clientèle moins genrée.

J’attribue donc une note de 8 saynètes sur 10 à Animal Crossing: Happy Home Designer.

Note : MonNintendo.québec a reçu un exemplaire de la console New Nintendo 3DS XL ainsi que Animal Crossing: Happy Home Designer pour en rédiger la recension.

Date de sortie : 25 septembre 2015
Éditeur : Nintendo
Prix (en dollars canadiens) : 44,99 $

En résumé

« La parfaite maison de poupée »
8.0
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